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TRÈS-CRAINT DES ALPES

Très-craint des Alpes : Bernard Bigot (ITER)

samedi 28 novembre 2015

Chimiste et collectionneur de médailles honorifiques du monde entier (Légion, Étoile Polaire, Soleil Levant, etc.), Bernard Bigot comme son nom l’indique a été désigné au pied levé par les représentantEs des gouvernements, excusez du peu, de la Chine, de l’Union européenne, de l’Inde, du Japon, de la Corée, de la Russie et des États-Unis quatrième très-craint des Alpes pour sa constante fidélité au projet de destruction atomique ITER.

Ancien administrateur général du CEA (commissariat à l’énergie atomique), il a été nommé en mars 2015 directeur général d’ITER afin de remettre de l’ordre dans un projet « en plein malaise et pouvant dériver hors de tout contrôle » selon un rapport confidentiel de 2013 que nous nous sommes procurés [1]. Ce rapport et un long article du New-Yorker paru en mars 2014 parlent en détail de l’ambiance morose qui règne au sein de ce projet scientifique controversé : inflation volontaire des dépenses, budget multiplié par 4 (le projet est passé de 5 à 20 milliards), organisation déficiente, exploitation en cascade, salariés détachés, retards et accidents sur le chantier, et enfin incurie du projet scientifique.
Jean Pierre Petit, un des meilleurs physiciens des plasmas, dénonce depuis 2001 l’impasse scientifique de la fusion nucléaire...
Dès sa prise de fonction l’internationalissime directeur général Bernard Bigot a promis de refaire le budget et de prendre des indispositions. M. le directeur estime les dépenses à 1 millions d’euros par jour (ne rigolez pas c’est vous qui payez !) et à 200 jours par an le nombre de jours travaillés (!), le budget final étant d’environ 20 milliards, le projet durera donc cent ans [2]. Retard et budget étant résolus, restent les indispositions. Des exemples : une enquête financée de manière indépendante et réalisée par des universitaires en sciences sociales d’Aix-en-Provence devait étudier les conditions de travail au sein du projet et sur le chantier de construction mais pour BB cette enquête sociale est inutile. Tout en justifiant la fusion de la CLI (commission locale d’information) ITER avec celle de Cadarache, il affirme sans rire qu’il ne faut pas confondre transparence et intrusion... Son prédécesseur a déjà signé en 2013 avec l’Urssaf-PACA une étrange convention qui réglemente les contrôles au nom de la lutte contre le travail dissimulé !
S’il est aussi pointilleux qu’il en a l’air, M. Bigot devrait désormais interdire, pour plus de sécurité, tout contrôle et toute critique. Enfin, sans le coup de poing sur la table des États-Unis, l’intérimaire BB serait à la retraite et ne pourrait pas raconter des salades comme celle-ci « ITER est un projet béni : les fluctuations politiques n’interfèrent jamais avec sa conduite ».
Voilà une disruption (politique) qui a trouvé son maître : l’ectoplasma Bigot !

Notes

[1Seul le journal communiste La Marseillaise a mentionné ce rapport dont on peut lire une analyse sur le site du CAN 84 et de Solidarités 04

[2La Provence a publié aussi une petite colonne le 23 novembre 2015 qui relate les soucis de M. Bigot. On y apprend (deux ans plus tard !) que le projet est menacé. Heureusement Bigot a beaucoup travaillé et présente des solutions, augmenter (encore) le budget et interdire les retards ! L’info est aussi reprise par Marsactu

1 Message

  • Très-craint des Alpes : Bernard Bigot (ITER) Le 2 décembre 2015 à 10:55, par la canardeuse

    En même temps que ce portrait (peu flatteur) paraissait ici, La Provence (tiens-tiens) a rendu compte de la dernière réunion du conseil où Bernard Bigot a commencé à argumenter une rallonge du budget et une sécurisation des délais. Et si les calculs fantaisistes et autres entourloupes de la direction d’ITER-Cadarache (relire le portrait de La Canarde) étaient à nouveau mis sur la table ? Dès que l’on parle de milliards, il semblerait en effet que plus personne ne ne sait compter (parce que si on écoute les propos de Bigot sur des dépenses journalières de 1 millions, on arrive bien à 100 ans de travaux). Or c’est sûrement au moins 3 fois plus qui a été déjà dépensé chaque jour pour ITER !… Enfin à l’attention de ceux et celles qui n’aiment pas le fait que les articles comme celui-ci ne soit pas signé (ou d’un pseudo), sachez que c’est une pratique courante dans la presse d’information. La signature, surtout celle d’unE militantE n’a pas valeur d’information mais dans le climat dans lequel nous vivons, elle risque surtout d’attirer les ennuis…

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