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Aux frais de la princesse

lundi 25 janvier 2016, par La Canarde

Spécial dédicace à notre dépité-mémère Charlie Castaner qui vient avec 14 larrons du P$ de signer une tribune pour la déchéance nationale. À lire ici...


Parlé :
Voici l’opus N°6 des soliloques d’Honorés « Les six mille francs aux frais de la princesse ». Ce sont les impressions chantées d’Honoré Constant, député de la Seine, après le vote de l’indemnité parlementaire.

Vrai, c’est chouetto d’être député
C’est pas un métier, c’est un rêve
On n’a pas besoin d’ comité
Nous, on s’ mettra jamais en grève
On s’ paye des gueuletons épatants
D’ la rigolade et d’ la gonzesse
On fout rien, on voyage tout l’ temps
Aux frais de la princesse

On vote pour le gouvernement
On est d’ mèche, on est solidaire
On s’en fout un peu du roulement
Et du repos hebdomadaire
On s’ fait rouler dans des sapins
Dans des autos, dans des express
Comme les ministres et les rupins
Aux frais de la princesse

Pourtant des fois, je m’ dis : Mon vieux
Et tes électeurs, t’y penses guère
Honoré, sûr qu’y vaudrait mieux
T’occuper des retraites ouvrières
Mais on pense plus au populo
Quand on s’envole à toute vitesse
Vers Nice ou vers Monte-Carlo
Aux frais de la princesse

J’ vas à Trouville, j’ vas à Étretat
J’ vas à Vichy, j’ vas à Plombières
J’ vas partout comme un chef d’État
J’ fais mon Monsieur Armand Fallières
J’ vas où qu’ tous les braiseux y vont
Et j’ pagnote avec la négresse
Chez la Mère Mirette à Clermont
Aux frais de la princesse

Oui ! Mais pour faire ce métier-là
Il faut avoir de la galette
Faut s’ payer des habits d’ gala
Et s’offrir du linge de toilette
Et puisque c’est nous les gérants
Pendant qu’on tient les clés d’ la caisse
On s’est augmenté d’ six mille francs
Aux frais de la princesse

Aristide Bruant

Pour écouter cette chanson.

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