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Contre la GAV, on chie dans le golf de Montgenèvre

mardi 31 juillet 2018, par La Canarde

La justice continue sa tactique de répression envers les soutiens aux exilé·es dans sa lutte raciste contre les arrivées d’Africain·es dans les Hautes-Alpes. Après avoir emprisonné un mois trois personnes pour leur participation à la manifestation du 22 avril, sous un chef d’inculpation les assimilant à des mafieux alors qu’iels agissaient par pures convictions politiques, après les quatre garde-à-vue de militant·es du Briançonnais le 17 juillet pour les mêmes faits, l’administration chargée de répandre l’Injustice en France ajoute aujourd’hui une nouvelle pierre à son édifice d’intimidation.

Cette fois, c’est L qui était convoquée pour avoir accompagné quatre mineurs au conseil général de la Lozère. La police aux frontières (PAF) de Montpellier la convoquait dans les locaux de leurs collègues de Montgenèvre pour l’entendre sur ces faits qualifiés « d’aide au séjour de personnes en situation irrégulière ». En droit, la protection des mineurs l’emporte sur toute autre considération, sans même parler de solidarité. Pour un flic ou un·e procureur·e, aider des noirs, c’est suspect, et ça mérite une enquête. Soit ils n’ont aucun cœur, soit aucune conscience, soit leurs agissements sont dictés par des considérations racistes, le tout au mépris du droit ; ou les trois en même temps.

La fraction la plus consciente du mouvement de soutien aux migrant·es et de lutte contre les frontières local (soit une cinquantaine de personnes venues de trois continents) a bien entendu répondu à cette (ré)pression par une pression populaire. Les barrières de sécurité devant la PAF de Montgenèvre ont servi, à l’aide de pierres de montagne, à faire entendre le soutien à la copine retenue contre son gré (et on peut dire que ces rails de sécurité offrent de belles possibilités musicales, des aiguës aux graves). Un barrage filtrant dans les deux sens permettait de maintenir une pression sur les autorités tout en informant les passagers des véhicules franchissant la frontière. Un certain nombre d’entre elleux ont ainsi manifesté leur soutien aux personnes en lutte par klaxon, cris, gestes, et aide au blocage en s’arrêtant volontairement au barrage. Les temps d’attente étaient agrémentés par des chœurs de chants de lutte, lorsque les assourdissantes percussions sur barrière de sécurité s’apaisaient.

Bref, le bordel était tel que des renforts ont été appelés : entre GM, gendarmes et policiers, plus de 50 decks étaient présents et ont fini par nasser les manifestant·es, qui ont pu rejoindre avec la copine libérée le squat Chez Jésus en passant par le terrain de golf, emmerdant les bourgeois qui sont toujours troublés de voir passer les gueux.

Gabriella

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